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Les influences de L'Art de la guerre (孙子兵法 sūn zǐ bīng fǎ) - partie 5

L’Art de la guerre reste enseigné dans les écoles militaires occidentales, où il fait le plus souvent l’objet d’études comparées avec les canons de la pensée stratégique européenne et nord–américaine, et notamment avec le plus influent d’entre eux : "De la guerre" de Carl von Clausewitz.


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Il y a, en apparence, un fossé entre C. von Clausewitz et Sun Zi. Le premier vit et écrit dans l’Europe du début du XIXe siècle, tandis que la vie et l’œuvre du second s’inscrivent dans la Chine impériale de l’Antiquité. Alors que "De la guerre" est un long corpus en prose, "L’Art de la guerre" se présente sous la forme d’une suite d’aphorismes. Le premier fait près de 600 pages, le second en compte un peu moins de 40. Les deux auteurs présentent en outre des préférences stratégiques différentes, de même que des vues divergentes sur le recours à la tromperie et à l’espionnage.


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S’agissant des préférences stratégiques de chacun, il est à noter, d’abord, que Sun Zi érige la victoire sans effusion de sang comme idéal de la stratégie militaire, là où C. von Clausewitz argue que renâcler à l’usage de la force peut équivaloir à laisser l’ascendant à l’adversaire. Ensuite, Sun Zi conçoit la guerre comme la poursuite d’un avantage comparatif, et la victoire comme l’anéantissement de la volonté de se battre chez l’adversaire; cette stratégie reposant largement sur la maîtrise de l’information et les actions psychologiques. C. von Clausewitz, au contraire, insiste sur les impondérables, les frictions, qui font que les campagnes militaires ne sont jamais aussi efficaces que prévues, et voit en l’anéantissement de l’adversaire le moyen le plus sûr de remporter la victoire.


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S’agissant du recours à l’espionnage, Sun Zi peut être considéré comme optimiste, en cela qu’il considère, d’une part, que les actions psychologiques sont le moyen le plus efficace de prendre l’ascendant sur l’adversaire et, d’autre part, qu’une parfaite maîtrise de l’information permet de déterminer à l’avance l’issue d’une campagne militaire. C. von Clausewitz, pour sa part, est de l’avis que les rapports des espions sont le plus souvent au mieux incertains et au pire contradictoires, donc qu’il n’est pas raisonnable de fonder une stratégie militaire sur eux.


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Bien que les deux stratèges offrent des regards diamétralement opposés sur la guerre, leurs œuvres demeurent les parangons de la stratégie militaire mondiale et occupent une place centrale dans la formation théorique des praticiens occidentaux. La raison en est, pour partie, qu’elles permettent d’aborder respectivement les notions d’approche indirecte et d’approche directe. L’histoire du XXe siècle montre, en outre, que d’aucuns pourront mettre à profit une lecture croisée des deux traités. Mao Zedong, notamment, s’inspirera d’eux pour vaincre en 1949 et, plus tard, théoriser la guerre révolutionnaire.


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